CHEMINS

  2006-2014 / 16mm ou HDV/couleur /sonore 80'

  production : CNC - région Languedoc-Roussillon

  région pays de Loire



Trajectoires ,

c’est aller à la mine que d’aller y voir dans une récolte d’image,

visionnage des images de Chemins , travail en cours , au long cours , au très long cours . paysages , la forêts et les pierres , les images de l’été 2006 , puis du printemps et de l’automne 2007 , de l’été 2008 , de mai et juillet 2009 , d’août 2009 , et octobre , d’abord les couleurs ,et après les noirs et blanc , à rebrousse- temps , déjà vues et revues , au fur et à mesure en : 2006, 7 , 8 9 … quelque chose demeure invisible tout ce temps, On ne voit rien , comme regarder au fond du puit,

gisement diffus disséminé rester aux aguets sans compter attendre oublier les deux confusément

 

devenir la montagne

percepteur abstrait du monde

 

revoir quelque fois , juste pour écouter le bruissement du projecteur , laisser glisser la lumière contre les yeux , échappée un jour c’est là , c’est aujourd’hui advenu , précisément là , les années pour voir, le temps pour que cette image soit, revienne d’outre mémoire comme si,

elle avait suivi une trajectoire mystérieuse avant de se révéler , désertant ma mémoire , s’en était allée par des chemins d’oubli , des arcanes de temps , des courants inconnus, imperceptibles derrière la mémoire , derrière les yeux , par ces espaces aveugles où se joue le visible , où les temps mêlés trament d’étranges alchimies , pour revenir s’arrimer en ma vision et l’ouvrir comme on ouvre une porte, comme on ramène l’eau du puit

comme on arrive au port

par ces matrices de la pensée ,où la vision , alluvionnaire des temps , se fait rive,

y vient alors écumer , aborder l’image.

 

l’image dans le tapis aussi.

Que s’est t-il passé en cette trajectoire ,en ce cheminement , quelles opérations pour que cette image se donne à voir , comment tourne la roue des temps,

par ou ça passe ,

passage au crible,

le temps est un sas,

le temps fait l’élémentaire,

 l’image s’échappe , comme le sable file entre les doigts , et revient à son heure ,

un don , un don du paysage,

 il semble que l’exact processus de la révélation chimique se double , d’une obscure alchimie mémorielle qui la suit , en un écho symétrique ,

la pérennité de la matière réside dans la pensée, et si c’était l’inverse ?

encore mieux , les deux.

 

L’image première est un puit.

 

quelle est cette venue du visible ,cette venue des territoires d’outre mémoire,

 

  _______________


l’os de l’image , les chinois parlaient de cela , l’os de l’image,

c’est là une incarnation ,

pierre comme stèle,

 restanque comme tombe,

 croisées des hautes branches , écrit implacable

minerai dégagé de sa gangue , filon à nu,

les temps à l’ouvrage ont noué des trames,

dissous l’imitation,

fouillé ses trous noirs,

 retourné comme un gant la tentation de l’épure,

ramené les très anciens récits , les très anciens motifs de la matière de la profondeur de ses gouffres,

l’image première est une piste fertile,

  l

e cadre, juste une cicatrice sur la carte aveugle des temps

Martine Rousset

Février 2012

 

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